[1662]                                                DE LA VIL
loir du Roy, non seullement en cela, mais en toutes autres choses qu'il plairoit à Sa Majesté luy commander. Suyvant ce, mesd. s™ les Prevost des Marchans, Eschevins et Greffier de lad. Ville, acom-paignez de leurs sergens tous vestuz de leurs habitz commungs et honnestes, sont allez faire la reverence aud. sr Nonce de nostred. Sainct Pere le Pape, estant aud. logis de monseigneur le Connestable, rue Sainct Anthoine. Auquel mond. sr le Prevost des Marchans s'est adressé, luy a faict la reverence et dit ce qui ensuyt.
Salutacion au Nonce de nostre Sainct Pere le Pape. Harengue faicte au Nonce du Pape.
"Monsr, il a pleu au Roy, par ses lettres por­tans creance sur monsr l'arcevesque d'Arles, com­mander et ordonner que nous vinssions vers vous pour vous saluer : illius ergo venimus suyvant le bon voulloir et commandement du Roy. Les citoyens, bourgeois et habitans de la ville de Paris vous saluent par nous Prevost des Marchans et Eschevins, repre­sentans in hoc quinqueviratu : le Prevost et Esche­vins, qui sont quatre, tout le Corps de ceste Ville, ville capitalle, non seullement de ce Royaume, mais de tout le monde habitable; louent Dieu et luy rendent graces de ce qui luy a pleu que vous feussiez envoyé par deçà, esperans que vostre venue, l'en-voy faict de vostre personne sera cause de continuer et entretenir l'amytié que le Roy aliique ab origine reges ont tousjours porté au Siege Apostolique, au Pape qui est à present et à ses predecesseurs.
^ Non obtusa adeo gestamus pectora, nec lam aversus equos nostra soljungit ab urbe, que nous ne sachions combien importe à toute la chose publique Chres­tienne l'amitié et l'inimitié, l'unyon et séparation du Roy et du Pape. Sed nunc non erat his locus : pour ne le vous faire long, après vous avoir dit, puisqu'il a pleu au Roy le nous commander ainsi, que vous soyez le trés bienvenu, vous avoir faict les offres qu'il est plus que raisonnable estre faictes à celuy dont vous estes l'image et représentation, qui est de noz personnes, de noz biens, je vous diray en particulier : -Servet te Deus; au Pape, parlant à vostre personne, ut si esset presens : Sacra suosque tibi commendat Troja pe-nates; vous advertissant, au surplus, que l'on peult bien dire aux habitans de ceste ville estans, comme ilz sont, Joyeulx de vostre venue : Quod votis oplas-tis adest; car veritablement lux quœdam nobis obîata
DE PARIS.                                                        7
videtur, voyans les choses ainsi bien composées ea; tam turbulento statu. r>
Ledit seigneur Nonce a faict responce qu'il re­mercioit trés humblement le Roy de luy avoir faict faire tant d'honneur par si nobles et excelens per­sonnages, et qu'il se reputoit bien heureux d'estre parvenu en la ville la plus Chrestienne, renommée et excelente de tout le monde, laquelle il avoit dès long­temps désirée veoir; et que feroit récit à la Saincteté du Pape de l'obédience, amour et bon voulloir que les habitans d'icelle ont envers luy, et de l'honneur qu'on luy a faict.
Present faict au Nonce.du Pape.
Puis, mesd. S™ ont prins congé de luy, et sont retournez en l'Ostei de lad. Ville, où ilz ont ordonné estre porté et presenté, assavoir : deux quartes ypo-cras blanc, deux quartes cleret, et deux quartes vermeil; avec vingt livres espices de chambre mises en macepins de Lyon, qui luy ont esté présentées devant son soupper par le Greffier de lad. Ville.
Ce faict, mesd. Srs ont envoyé par la poste, led. jour, lettres missives au Roy, dont la teneur ensuit :
27 août. Sire,
«Suyvant ce que vous a pleu nous commander, nous avons esté ce jourd'huy saluer le Nonce de nostre Sainct Pere le Pape, envoyé par deçà, et luy avons faict les offres les plus honnestes et magni­fiques qu'il nous a esté possible de faire, eu esgard et consideration à la personne du Pape qui nous est par luy representée et envoyée par devers Vostre Majesté; de sa part il nous a faict de trés honnestes responces et remonstrances : reste à savoir ce qu'il vous plaira nous commander.
"Nous avons faict excuse de ce que nous n'ayons esté au devant de luy pour n'avoir esté advertiz de sa venue. S'il vous plaist que nous nous revenchions au partir de ceste ville et que nous luy facions com­paignie sortant de son logis pour une ou demye lieue, en cela et toutes autres choses nous serons pretz et promptz à vous obeyr.
«Sire, nous prirons nostre Createur vous donner sa grace, et en sanle trés longue et trés heureuse vie.
"De Paris, ce xxvii0 jour d'Aoust mil vc lu.
"Voz trés humbles et trés obeyssans serviteur» et subgectz les Prevost des Marchans et Eschevins de vostre ville de Paris'1'."
-■> La moitié inférieure du fol. 2 v° (A) est demeurée en blanc.